Grande simulation à Ouagadougou : 700 acteurs testent la réponse aux catastrophes
Samedi 22 août 2026, Ouagadougou a accueilli la première simulation grandeur nature du plan national ORSEC depuis son adoption en 2012. Environ 700 acteurs des services de secours, de santé, de sécurité et humanitaires ont été mobilisés pour évaluer leur capacité à réagir de manière coordonnée face à une catastrophe majeure. Deux scénarios réalistes ont été mis en place : des inondations aux abords des barrages de Tanghin et un accident chimique dans une usine de pesticides.
L’exercice, placé sous la coordination de la Direction générale de la Protection civile, s’est déroulé sur deux sites principaux. Aux barrages n°2 et n°3 de Tanghin, le scénario simulait un débordement des plans d’eau entraînant des inondations dans les zones d’habitation riveraines. Les populations fictives se sont retrouvées confrontées à la montée des eaux, nécessitant des opérations rapides de sauvetage et d’évacuation.
Au second site, situé à Kossodo, une unité de production de pesticides dénommée Rambo a été le théâtre d’une explosion suivie d’un incendie et de risques liés aux produits chimiques. Les équipes ont dû maîtriser le feu, gérer les intoxications, procéder à la décontamination et évacuer les victimes vers des structures spécialisées. Une unité mobile de désinfection composée de spécialistes en risques nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques (NRBC) a notamment été engagée.
Le bilan fictif présenté à l’issue de la manœuvre fait état de 167 victimes : une personne décédée, six urgences absolues, soixante urgences relatives et cent personnes impliquées, c’est-à-dire affectées par le sinistre sans être directement blessées. Après leur extraction, les victimes ont été orientées vers un centre d’accueil où elles ont reçu des soins, de la nourriture et, pour certaines, une solution de relogement. Les cas les plus graves ont été évacués vers les centres hospitaliers universitaires Yalgado-Ouédraogo et Bogodogo.
Plusieurs structures ont participé à cette opération d’envergure : la Brigade nationale de sapeurs-pompiers (BNSP), le SAMU, la Police nationale et municipale, les Eaux et Forêts, la Croix-Rouge, les services de santé, le SP/CONASUR ainsi que les Forces armées nationales. Côté moyens, la BNSP a engagé quatre ambulances, le SAMU deux, la Croix-Rouge deux et la Direction centrale du service de santé des armées deux également. Au volet humanitaire, le SP/CONASUR a pris en charge 110 personnes au centre d’accueil des sinistrés, dont 36 ont été relogées sur un site dédié.

Les opérations étaient coordonnées depuis un poste de commandement installé à l’Agence nationale de la météorologie. Sur le terrain, le colonel Daba Naon, commandant de la BNSP, Issa Ouédraogo, directeur de cabinet du ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité, ainsi que d’autres responsables ont suivi en temps réel le déroulement des interventions et encouragé les équipes.
Pour Issa Ouédraogo, cet exercice rappelle une réalité simple mais essentielle : « Comme la catastrophe ne prévient pas, il faut que nous soyons toujours en alerte pour qu’à chaque fois qu’il y aura une situation, nous soyons prêts à apporter la réponse. » Il a invité les ministères et les structures publiques et privées à maintenir leur niveau de préparation et appelé l’État à mettre à disposition les moyens nécessaires.
Au-delà de la démonstration de force, cette simulation grandeur nature avait pour objectif de tester la mobilisation des moyens, la coordination entre les différents intervenants et l’ensemble de la chaîne de prise en charge des victimes, depuis le sauvetage jusqu’aux soins, à l’évacuation et au relogement. Elle doit également permettre d’identifier les éventuelles insuffisances afin de les corriger en vue d’une intervention réelle.
Dans un pays exposé à la fois aux aléas climatiques et à des défis sécuritaires complexes, cet exercice constitue une étape importante dans le renforcement de la résilience nationale face aux situations d’urgence.
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